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14 février 2004

Déclaration du Comité d'organisation provisoire du mouvement de résistance populaire du monde (Europe), concernant l'arrestation et la déportation au Népal de Matrika Prasad Yadav et Suresh Ale Magar

Selon des rapports de presse du 8 février 2004, nos camarades Matrika Prasad Yadav et Suresh Ale Magar ont été arrêtés dans la ville indienne de Lucknow et remis entre les mains des autorités Népalaise, lesquelles les ont aussitôt transféré dans une base militaire tenue secrète. Un rapport du parti communiste du Népal (maoïste) signé par Prachanda, Président du Comité central, présente les faits suivants : " Matrika Prasad Yadav, membre du bureau politique de notre glorieux parti communiste du Népal (maoïste) et président du gouvernement autonome populaire récemment constitué de Madhishe, et son compagnon, le membre suppléant du comité central Suresh Ale Magar [ont été arrêtés] à la suite d'une opération digne d'un enlèvement [par] le gouvernement indien le 8 février, [et] remis à la clique [militaire féodale et] réactionnaire du Népal la nuit suivante ". Compte tenu des nombreux et constants rapports relatant l'utilisation systématique de tortures, viols, massacres et " disparitions " par les forces de sécurité népalaises -en particulier l'armée royale népalaise- à l'encontre des prisonniers accusés de soutien au PCN (m), il est clair que l'intégrité physique et même les vies de Matrika Prasad Yadav et Suresh Ale Magar sont menacées. Le Comité d'organisation provisoire du mouvement de résistance populaire du monde (Europe) invite tous ses militants, sympathisants et toutes les organisation anti-impérialistes, progressistes à travers le monde à se mobiliser immédiatement pour manifester et agir en faveur de la libération deux hommes. Dans son rapport du 20 novembre 2003, Amnesty International déclare : " Il est l'évident que des centaines de personnes sont détenues actuellement de manière totalement illégale dans des lieux secrets, risquant des tortures et des mauvais traitements ; nous croyons que la majorité des gens sont tenus incommunicado dans des casernes militaires à travers tout le pays ". Le comportement des autorités indiennes et leur connivence avec la monarchie népalaise n'est rien de moins qu'une sanction du kidnapping. Celles-ci violent ouvertement et de manière flagrante la loi indienne et les traités internationaux que l'Inde a signés, en particulier l'engagement international sur les droits civils et politiques ; celui-ci précise entre autre qu : " quiconque est privé de sa liberté suite à une arrestation ou détention sera autorisé à engager des démarches au-devant d'une cour " ; et la Convention contre la torture et autres Traitements ou punition cruels, inhumains ou dégradants déclare : " Un Etat ne peut expulser, retourner ("refouler") ou extrader une personne vers un autre Etat où il y aurait des raisons substantielles pour croire qu'elle pourrait se trouver en danger d'être soumis à la torture ". Le gouvernement indien a essayé de justifier ses actes en accusant les membres et les partisans du CPN (m) de " terroristes ". Cette accusation n'est rien d'autre qu'une calomnie éhontée qui vise à dissimuler la vérité. L'insurrection populaire au Népal mené par le CPN (m) a permis de libérer une grande partie du pays. Les secteurs actuellement administrés par le Conseil populaire révolutionnaire uni représente près de 80% du territoire national et incluent la majorité de la population du Népal. La monarchie, à Katmandou, ne parvient à conserver le pouvoir qu'au prix de la terreur d'Etat la plus brutale. Les mesures récentes prises à l'encontre d'adversaires bien connus et respectés de l'impérialisme US et de la monarchie réactionnaire népalaise soutenue par l'Inde ne trompent personne : elle ne peuvent être interprétées que comme une escalade supplémentaire des attaques du gouvernement indien contre les droits fondamentaux du peuple népalais et sa lutte pour se libérer de l'oppression féodale et de la domination étrangère. Cela signifie également que les risques que courre le camarade Gaurav (Chandra Prakash Gajurel) -un autre membre du bureau politique du CPN (m) actuellement détenu par les autorités indiennes- ont encore augmentés. Pour toutes ces raisons, il est essentiel de déployer une résistance rapide, déterminée et la plus large possible face aux mesures prises contre Matrika Prasad Yadav et Suresh Ale Magar. Nous appelons les peuples à se joindre aux actions prévues par le comité du WPRM dans leur secteur régional, à s'auto organiser, à diffuser les informations et à inciter les autres à se mobiliser.

Comité d'organisation provisoire du mouvement de résistance populaire du monde (Europe)